Maxime Bousquet, Marine Deloince, Charline Robert, Kévin Sourivong (master)

Association Archibooké

École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles

 

Pour sa cinquième édition, l’annuel versaillais dépasse les limites du simple catalogue de projet et s’aventure sur le terrain de la prospection, en proposant d’envisager le champ lexical de l’architecture sous un nouveau jour. Partant du constat d’un parler architectural trop souvent monotone, Sémantique parallèle propose cent nouveaux termes : des mots redéfinis, hors cadres et parfois inventés. Ambitieusement, il confronte une sélection de projets étudiants -les plus pointus-  à des interventions inédites, parfois polémiques, des acteurs du milieu -perçu pertinents- à qui est laissé carte-blanche. Etudiants, architectes, archi-stars, urbanistes, plasticiens, photographes, designers, artistes, philosophes… entremêlés au sein d’une même recherche linguistique, partagent leurs points de vue toujours singuliers.

 

Nous avons rencontré Maxime Bousquet, un des membres de Sémantique Parallèle. Il revient sur la mise en oeuvre de ce projet.

« Concrètement depuis cinq ans, archibooké (ndlr : association étudiante loi 1901) a pour mission d’enfanter l’annuel de l’école. Donc tous les ans une nouvelle équipe, un « mandat » d’un an, qui doit obligatoirement se terminer par la publication, et un budget prévisionnel à ne pas (trop) dépasser. Pour le reste, chacun s’organise un peu comme il veut, je sais qu’une équipe à déjà fait appel à des graphistes (…) l’idée c’est de trouver la synergie interne suffisante pour porter le projet. Cette année donc, on a repris les rennes de l’association avec mes camarades (Charline, Kévin, Marine). Les rôles se sont répartis assez naturellement, on a quasiment pris toutes les décisions collectivement, bon c’était pas évident tous les jours mais on l’a fait (rire).  On est arrivé à l’école l’année du premier annuel, on a un peu grandi avec. Et puis je voue un culte assez flippant aux livres, à l’édition… donc les choses nous tenaient vraiment à cœur. »

 

« Le truc c’est qu’après quatre autres annuels, il y avait vraiment matière à critiquer. Je l’entend dans le bon sens du terme, l’annuel précédent (ndlr : Process) était vachement bien ficelé et les précédents avaient tous des angles éditoriaux relativement intéressants aussi. Quand c’est à ton tour de passer, l’idée c’est quand même d’essayer de pas te planter et de donner le plus possible ta signature à l’ouvrage. Graphiquement on s’est bien entendu, on allait tous plus ou moins dans le même sens, on se faisait pleins de petites iconos sur les murs du bureau, c’était assez chouette comme endroit !

On a toujours su exactement comment on voulait que ce soit mis en page, techniquement parlant j’entend, quel vocabulaire visuel on pensait adéquat pour travailler tous ces projets, toute cette matière. L’aspect sensitif, le toucher, était très important pour nous, on a été soigneux sur le choix des papiers par exemple. La ligne éditoriale est venue s’affiner parallèlement : comment parler de l’architecture, avec quels mots, et comment l’incarner visuellement. Là c’est double entrée, comment l’étudiant conçoit son projet, ses visuels et ensuite comment nous, on vient communiquer là-dessus, comment on retravaille sa matière première. Je crois que c’est vraiment ça l’enjeu un peu crucial de l’exercice. Ensuite la volonté d’ouverture s’est faite assez naturellement, sortir de l’enclave versaillaise quand on fréquente le rer c depuis quatre ans c’est presque une nécessité. (rire) »

 

 

« On a eu pas mal de chance à ce niveau là d’ailleurs, il y a vraiment des textes qui méritent d’être lus, de tête il y a ceux de Philippe Rahm, Julien de Smedt, Sébastien Martinez Barat, Richard Scoffier ou Nathalie de Vries dans un autre registre. Et pareil pour les projets, je crois que y’a une justesse étudiante qui mérite d’être bien plus prise en compte. Je pense aux projets de Pauline Lavie et Elena Prendergast sur la crise Islandaise, ou celui de Timothée Boitouzet par exemple qui questionne l’Espace vis-à-vis de l’Architecture. On a essayé d’être le plus ouvert possible dans nos choix et je trouve qu’au final l’équilibre entre pertinence et second degré est plutôt bon. »

 

 

Sémantique Parallèle, glossaire prospectif d’architecture

328 pages, bilingue français-anglais.

en vente sur  www.versailles.archi.fr > rubrique Publications,

disponible à Paris dans les librairies du Moniteur (Odéon, Uzès, Cité Chaillot), du Centre Pompidou, du Pavillon de l’Arsenal, du Parc de la Villette, de la Galerie d’Architecture et à la librairie du Cabanon.

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