Eloise Choquette &  Raphaël Thibodeau
Université de Montréal – B.Sc. Architecture 3ème année

 

Sous la tutelle de George L. Legendre, professeur à la Harvard Graduate School of Design, RUBAN D est un projet qui allie l’architecture et le paramétrique.

 

 

 

 

Le paramétrique, dans ce cas-ci, a été abordé de manière à explorer la relation entre des formules mathématiques dépendantes. Pour qu’une courbe soit paramétrique, par exemple, il faut qu’elle soit générée par deux fonctions, donc deux variables dépendantes. Par contraste, une fonction simple met en relation une variable dépendante par rapport à une variable indépendante.

Ce principe peut également être appliqué à des surfaces, et c’est précisément ainsi que nous avons pu générer la forme initiale de RUBAN D Cependant, comme il s’agit de fonctions mathématiques complexes, au lieu de commencer à zéro, nous avons débuté l’exploration formelle à partir « d’œufs » préexistants, qui sont la résultante d’explorations antérieures à l’atelier triptyque.

 

 

Puisqu’on parle de « paramétrique », c’est au niveau des paramètres, donc des variables et des formules, que le processus d’exploration et d’itération se développe. Ainsi, il est possible d’obtenir une diversité de formes assez impressionnante.

En procédant de manière rigoureuse, en faisant varier chacun des paramètres et en mesurant l’effet de ces variations sur la forme, il a été possible de trouver une forme dont le plan semblait constitué de trois volumes, au lieu d’un seul, comme c’était le cas des explorations précédentes. Cependant, après analyse de la forme en plan, on constate que celle-ci consiste en un enroulement continu, donc que les trois volumes apparents ne sont que la résultante d’un schéma d’intersection de la forme par elle-même. En faisant varier un autre paramètre, il a été possible de rendre la hauteur du modèle croissante en fonction de la progression de l’enroulement. Par rapport à la forme initiale, dont la hauteur était constante, le modèle ainsi obtenu vient DÉCONSTRUIRE l’apparente simplicité volumétrique du plan. En misant davantage sur son aspect RUBAN sécant avec lui-même, la maquette indicielle est d’autant plus étonnante qu’elle devient un véritable enchevêtrement de jonctions et d’intersections.

 

 

 

Ce qui est particulier du modèle ici développé, c’est la manière même de le construire. Alors que ce type de projets se développe généralement en plans horizontaux structurés par des plans verticaux, RUBAN D est d’abord et avant tout une enveloppe, puisque la variation importante des hauteurs évolue selon une courbe exponentielle, empêchant ainsi de générer des plans complètement horizontaux à partir des lignes d’enroulement du plan. Ce fut donc un choix conscient que de d’abord travailler la peau du dispositif, en la rendant plus ou moins filigrane, avant de s’intéresser à un système de plans horizontaux reprenant sa logique globale.

 

 

Cet œuf final, très différent de celui utilisé au départ, utilise un langage qui lui est propre. Le jeu de transparence variable, traitement esthétique qui découle directement des lignes exponentielles du ruban, vient renforcer l’ambiguïté, que l’on pourrait presque qualifier « d’étrange étrangeté ». Le système de circulations verticales et de niveaux, à la manière de la transparence de l’enveloppe, est progressif, c’est-à-dire qu’il devient également de moins en moins massif avec la hauteur, créant un dialogue cohérent entre la forme originelle et les ajouts subséquents.

RUBAN D – ruban déconstruit, ruban divisé, ruban dirigé, ruban déroulé.