Margaux Leycuras, Marion Ottmann, Anne-Hina Mallette

Ensa Nantes, Master 2

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Situation : Egypte, Nile

Année : 2012

Echelle : urbaine

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FONDATION JACQUES ROUGERIE

Le concours de la Fondation Jacques Rougerie récompense des projets novateurs des moyens d’expression architecturaux, techniques et liés au design, investissant le monde de la mer et de l’espace.

Le projet Hydropolis répond à ce concours, dans la catégorie montée des eaux, par un projet qui s’inscrit dans la vallée du Nil et a pour but d’exploiter le phénomène de la montée des eaux, via les crues et les décrues, au lieu d’en subir les contraintes.

 

1-hydropolis

 

PROBLEMATIQUE

Par le passé, la vallée du Nil vivait au rythme des crues, profitant des apports de limon pour fertiliser ses terres agricoles. Cependant, ces crues étant irrégulières, on assistait à des périodes d’inondation suivies de période de sécheresse.

Ainsi, le gouvernement égyptien entreprit en 1902 la construction d’un barrage sept kilomètres en amont d’Assouan, afin de dompter le fleuve, créant un lac immense : le lac Nasser, qui inonde une partie du territoire. Ce barrage fut consolidé de nombreuses fois et rebâtit entièrement en 1950.

Ce barrage a des conséquences néfastes sur l’éco- système. En effet, l’absence de limon dans la vallée ne compense plus l’érosion marine le long du littoral, provoque une régression de la pêche et ne fertilise plus les terres agricoles. On assiste également à des intrusions salines au niveau du delta du Nil provoquant une érosion précipitée du littoral. Par ailleurs, le comblement accéléré du réservoir de retenu par le dépôt de limon saturera la capacité du barrage dans moins d’un siècle, d’où son inefficacité à long terme.

 

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CONCEPT

Ainsi pour contrer ces problèmes et rétablir un écosystème au sein de la vallée du Nil, nous concevons un projet alternatif au barrage d’Assouan, permettant de bénéficier des apports de la crue tout en apportant une régulation du fleuve. Nous créons alors un système modulaire de villes fleuves le long de la vallée du Nil. Nous transformons alors un problème technique et agraire en une ville idéale.

L’idée principale du projet est de répartir le lac Nasser dans chacune des villes modules à l’aide d’un lac réservoir profond de 200m. Grâce à ce lac allié à un système hydrologique, nous arrivons à une régulation plus naturelle des crues. Chaque ville fleuve est entourée par le Nil connectant toutes les villes modules entre elles, par ce premier système de communication d’Egypte. Ces dernières sont formées d’une enveloppe-digue s’adaptant aux formes topographiques de la montagne bordant la vallée. De cette digue émerge une circulation (routes, ponts) mettant en relation la ville avec l’extérieur (villages environnants).

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A l’échelle urbaine, l’ensemble est structuré par un système hydrologique complexe. En effet, un axe fluvial, contrôlé par des écluses, traverse le lac réservoir pour rejoindre une zone portuaire interne. De plus, l’irrigation des champs est assurée par l’association de digues, canaux et vannes. Le tout convergeant vers le lac réservoir central, au bord duquel se situe l’anneau formant la ville. Celle-ci prend appui sur la digue intérieure entourant le lac et se prolonge sur l’eau. Ainsi la ville se situe à cheval entre la terre (agriculture) et le lac (échanges).

Notre réseau hydrologique met en accord le rythme des crues avec le rythme agricole. De Juillet à Septembre, le Nil est en crue. La digue extérieure présente ces vannes ouvertes, l’eau et le précieux limon se déposent dans les champs. Les vannes de la digue intérieure bordant le lac réservoir central sont également ouvertes afin que se dernier se remplisse. Puis le Nil retourne dans son lit mineur, le lac réservoir est plein et l’eau retenue par la digue intérieure dont on a fermé les vannes. On ferme également les vannes de la digue extérieure afin qu’il reste cinquante centimètres d’eau dans les champs. C’est le temps du labourage, semi et repiquage des pousses de riz. Pendant cinq mois, le riz va pousser les pieds dans l’eau. Mai est le mois de la moisson. Trois semaines avant, on ouvre les vannes extérieures afin que les pousses finissent leur maturation en dehors de l’eau. De Juin à Juillet, c’est la période de sécheresse, du séchage et du vannage du riz. Le niveau du Nil est au plus bas mais la ville bénéficie de l’eau du lac réservoir.

 

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