Chloé Curé & Bertrand Lanthiez
Esag Penninghen


Behance.net/ChloeCure
Behance.net/bertrandlanthiez

Ce projet est une réponse à un sujet d’école, libre, autour du thème de la Beauté.

Pour traiter de la Beauté, nous avons immédiatement pensé au miroir.

Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ?

Comme la méchante reine du conte des Frères Grimm, nous attendons du miroir qu’il nous renvoie l’image que nous voulons avoir de nous-mêmes. Mais plus que dans le reflet, c’est dans notre regard que la réponse se trouve.
Ce qui nous a particulièrement intéressé dans le conte de Blanche-Neige, c’est l’interaction que le miroir magique a avec la reine.
Et si nous inventions, nous aussi, un miroir qui agit, qui vit ?

Ou, plus exactement, un miroir dans lequel, plus l’on se regarde, moins l’on se voit ? Un miroir qui, non seulement ne soit pas complaisant, mais nous invite à regarder ailleurs, ou en nous-mêmes.

Un retour aux sources – si j’ose dire – nous a donné les éléments graphiques et conceptuels nécessaires à l’élaboration de notre projet : nous avons convoqué le mythe de Narcisse.
Narcisse, nous raconte Ovide, est condamné à tomber amoureux de lui-même et à « ne jamais posséder l’être aimé » (Les Métamorphoses, livre III). C’est en se penchant sur un point d’eau qu’il est frappé par sa propre image, et meurt de langueur, d’inanition, de noyade — selon les versions.

Seuls éléments requis, donc : un miroir, de l’eau qui se trouble de plus en plus à mesure qu’on s’y regarde.
Il était important pour nous d’utiliser l’eau dans sa forme naturelle plutôt que de la simuler par des moyens graphiques et numériques. Les déformations de l’eau sont créées physiquement par une enceinte subwoofer qui vibre au rythme de sons basse fréquence. Les distorsions s’intensifient progressivement en fonction du temps passé au-dessus du miroir, et changent d’aspect selon la fréquence du son joué aléatoirement.

Des selfies d’un nouveau genre, brouillés, troublés, troublants, accompagnent le projet ainsi que des captures de citations lues à la surface de l’eau.

Sources : Blanche-Neige, les Frères Grimm
Narcisse, Ovide, Les Métamorphoses, III.