Ali Ozku
ENSA Strasbourg – Projet de Fin d’Etudes

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L’objectif principal de ce projet de fin d’étude est de démontrer qu’il est possible de changer le statut de l’échangeur de celui de l’infrastructure mono fonctionnelle à celui de l’unificateur régional. Un échangeur qui connectera les lieux et les citoyens et non pas seulement les automobiles. Ça sera un lieu de rassemblement et de loisirs.

Le choix du site s’est naturellement porté sur Istanbul, une ville ou j’ai eu l’occasion de vivre un an. Cette ville m’a de fait interpellée par toutes les richesses et la complexité qu’elle renferme. Émerveillé par la dynamique qui y règne, Istanbul est cependant une ville qui ne tire pas assez profit du statut de ses infrastructures, très présentes dans le paysage urbain. De manière général, ces infrastructures consommatrices de sol occupent des positions stratégiques dans nos villes sans pour autant exploités leur potentiels. Comment les intégrer à la ville, comment recréer la ville avec ou par dessus, comment leur apporter de nouvelles fonctions qui permettraient d’y séjourner et d’y habiter tout en créant des échanges et en respectant leur rôle transitoire? Ils représentent l’occasion d’une mise en scène à l’échelle métropolitaine.

Le projet s’inscrit dans une réflexion à grande échelle. Point d’union entre l’Europe et l’Asie, la 1ère boucle d’autoroute présente des éléments dissuasifs pour le piéton qui finissent par détériorer les qualités urbaines du lieu et engendrent des coupures. L’objectif est de se concentrer sur une portion précise de l’autoroute et d’y proposer un exemple de projet pouvant rétablir un ordre et redonner une identité à un lieu aujourd’hui dépourvue de toutes qualités. Cette portion se situe exactement à l’intersection entre l’autoroute et l’axe historique reliant le sud au nord. Avec une fréquentation massive et des flux très intenses, c’est un point structurant de la métropole. Il a donc été judicieux d’y proposer une solution envisageable et non figée, car Istanbul est une ville qui se transforme à une vitesse impressionnante.

Les bâtiments sont positionnés de manière à créer un dialogue avec l’existant et à garder les axes structurants (accentuation des percées visuelles). Ils sont mise en tension afin de fabriquer des ambiances variées et d’ obtenir un dispositif dynamique en parfaite adhésion avec l’environnement. Le rez-de-chaussée de la place est entièrement public et travaillé de manière à accueillir des activités diverses: galeries commerçantes, cafés/bars/discothèques, AMAP, marché couvert, librairie et galerie d’exposition. Ce sont des nouveaux usages qui sont implantés pour les habitants d’Istanbul et les futurs utilisateurs. L’infrastructure routière n’est plus un obstacle, mais devient une passerelle entre des quartiers qui étaient auparavant séparés.

 A la suite du Masterplan proposé, j’ai choisi de détailler un bâtiment, le plus prestigieux, par sa taille et les fonctions qu’il abrite. Situé au niveau de l’entrée en Europe, le pôle culturel est un bâtiment avec de grandes dimensions: 85 x 77 x 82 mètres de haut, qui s’apparente à un cube et assume entièrement son rôle et sa puissance dans cet environnement disparate datant des années 1980. Pour un bâtiment d’une telle ampleur, le premier travail a été de positionner les noyaux techniques qui accueilleront les issus de secours et les ascenseurs (12 au total). Ces noyaux structurels constituent l’armature principale du bâtiment et prennent appuis sur un sol rocheux de très forte densité. Le bâtiment réagit comme un bloc stable face au vent et aux séismes.

Située sur un point culminant de la ville, l’entrée du pôle culturel se fait à la manière d’un tapis urbain avec l’espace public qui se prolonge et se glisse en dessous du bâtiment pour y laisser découvrir la vue panoramique sur le Bosphore.  Cette architecture très recherchée et sophistiquée, dont on prend tout de suite l’ampleur en découvrant la complexité intérieure, se met au service d’un agencement rationnel des espaces. En effet, tout les bureaux, positionnés du côté Nord, constituent une épaisseur constante en plan.  Les autres éléments de programmes: centre aqualudique, école d’art cinématographique, Learning Center et salle de spectacle, s’enroulent autour des noyaux techniques et fabriquent des espaces libres et ouverts. Ce n’est pas un lieu clos, il s’ouvre à la ville et aux stambouliotes en fabricant des appels multiples par de généreuses volumétries. De grandes ouvertures cadrent différents points de la ville comme le Bosphore et la rive asiatique.

Malgré la forte épaisseur du bâtiment, l’intérieur se veut généreux et agréable à vivre par des jeux de lumières et de cadrages lointains. Les parois,  d’un béton blanc, accentuent les effets de masses et apportent la lumière en profondeur par des jeux de reflets. La partie haute recouverte d’un moucharabieh en béton ductal affirme le couronnement et confère au bâtiment une préciosité rare. Inspiré des motifs de l’empire Ottoman, il établit un rappel à l’histoire de cette ville bâtie sur 3 empires. Cette masse qui se veut lourde mais ouverte se plie en toiture afin de briser la rigidité du cube et d’assurer le rapport au ciel par des lignes dynamiques. Ces torsions en toitures participent aussi à la skyline très variée de la ville d’Istanbul. La couronne renferme en son intérieur un grand patio végétalisé à l’abri de toutes nuisances sonores. Un jardin suspendue assurera la dépollution par plantes naturelles.

Dans un travail entre architecture et urbanisme, le projet du pôle culturel  définit une série de masses et de volumes structurant l’espace urbain. Il agit comme un pivot et symbolise l’entrée de la ville en fabricant un signal précieux dans le paysage lointain, synonyme de renouveau.

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